Serigne Mbaye Thiam sur Diary Sow: «Elle a effectivement une amie d’enfance qui est à Toulouse… »

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  Alors que l’enquête est en cours pour retrouver Diary Sow, son parrain et non moins ministre dans le gouvernement sénégalais a répondu au Point Afrique. Le Point Afrique : Le Sénégal et la France sont très secoués par la disparition momentanée de Diary Sow, cette brillante étudiante inscrite en prépa au lycée Louis-le-Grand. Qui est-elle vraiment ? Serigne Mbaye Thiam : Diary Sow, comme vous l’avez si bien dit, est une brillante étudiante. Elle a été consacrée deux années de suite, en 2018 et 2019, meilleure élève du Sénégal au concours général. Elle a été formée au lycée scientifique d’excellence de Diourbel. Il faut juste souligner que Diary fait partie de la première promotion de ce lycée créé en 2016 par le chef de l’État, le président Macky Sall. Elle a aussi été sacrée Miss « Sciences » en 2017, concours organisé par le ministère de l’Éducation nationale entre les meilleures filles scientifiques des classes de seconde pour stimuler l’apprentissage des sciences chez les filles. Elle s’est toujours classée major de sa classe et dans la quasi-totalité des disciplines. Donc elle a eu un cursus exemplaire. Elle est passionnée de lecture et d’écriture. Deuxième enfant d’une famille nombreuse, Diary est aussi très proche de ses parents, surtout de son défunt père qui a été malheureusement rappelé à Dieu en avril 2020. Avant d’être au ministère de l’Eau et de l’Assainissement, vous avez d’abord été à l’Éducation nationale. Comment l’avez-vous repérée ? Paradoxalement, Diary a failli ne pas intégrer le lycée scientifique d’excellence de Diourbel qui l’a révélée au grand public. Le dépôt de son dossier de candidature avait été jugé à tort en retard alors qu’il s’agissait d’une négligence administrative. C’est donc par une régularisation qu’elle a pu participer au concours d’entrée à ce lycée d’excellence. Elle s’était classée 4e au concours d’entrée dans ce lycée qui ne recrute que 60 élèves sur tout le Sénégal. Par la suite, elle s’est toujours retrouvée au premier rang de sa promotion avec d’excellentes moyennes. C’est en classe de seconde, quand j’ai eu les premiers résultats de ce nouvel établissement et lorsque je l’ai vue s’exprimer dans un français châtié lors d’un reportage télévisé, que je l’ai repérée. Je mesurais déjà tout le potentiel qu’elle avait. Vous avez après tissé des relations étroites au point que vous êtes devenu son parrain ? Oui, mais pour tout vous dire, cela s’est fait tout naturellement. Je suivais Diary comme je suivais aussi d’autres élèves. Cet investissement personnel, bénévole à assister, conseiller et aider des élèves à fort potentiel mais issus pour la plupart de milieux pas trop favorisés, je l’ai fait pour beaucoup d’élèves bien avant même d’être membre du gouvernement. Pour moi, ces étudiants doivent être encadrés et bien accompagnés pour ne pas les perdre. Certains parmi eux ont terminé leurs études supérieures et il y en a parmi eux que j’ai aidés à rentrer travailler au Sénégal. Donc c’est naturellement que je me suis intéressé à l’élève Diary Sow jusqu’à ce que son propre père me la confie pour que je sois son coach, son mentor, ce qui est peut-être plus approprié que parrain. Finalement, toute sa famille m’a adopté et me considère comme un membre. Lorsque son père est décédé en avril 2020 alors que Diary était en première année de prépa au lycée Louis-le-Grand, c’est à moi que sa mère a demandé de lui annoncer la douloureuse nouvelle. Quand avez-vous eu un contact avec elle pour la dernière fois ? Je m’entretenais régulièrement avec Diary, au moins une fois par semaine. Les deux dernières fois que je l’ai eue au téléphone, c’était 26 décembre 2020 et longuement dans la soirée du 1er janvier ; j’avais reçu dans la journée son message de vœux pour le nouvel an. Au cours de cette dernière conversation, nous avions fait le point sur ses exercices, ses devoirs de vacances et ses choix de candidature aux concours qui devraient démarrer en avril. Sachant que le rythme en prépa est très soutenu et la pression énorme, je l’ai encouragée comme toujours. Et rien ne présageait une inquiétude, encore moins des difficultés de sa part. Elle semblait se porter bien. Quels étaient ses projets à ce moment-là ? Je lui avais conseillé de procéder au plus tard le 10 janvier à la validation de ses choix de candidature au concours au lieu d’attendre la date limite du 12 janvier. Elle n’avait pas encore fait de choix définitifs mais était confiante même si elle faisait observer que le rythme de la deuxième année de prépa est encore plus soutenu que celui de l’année dernière. Elle semblait être concentrée sur ses études et prête à terminer l’année scolaire et à passer les concours. Quel a été le dernier moment où elle a eu contact avec sa meilleure amie ? Comme l’enquête est en cours, j’évite de donner des détails. Elle a effectivement une amie d’enfance qui est à Toulouse où Diary a été pendant deux jours et non pendant toutes les vacances de Noël. Je peux juste dire qu’elle a bien quitté Toulouse pour regagner sa résidence à Paris. Et c’est à Paris qu’on l’a aperçue pour la dernière fois. Vous êtes en contact avec sa famille. On imagine son angoisse… Ce sont des moment très douloureux surtout pour la maman de Diary. J’ai été la voir à deux reprises, à Malicounda, à 85 km environ de Dakar. Malgré l’angoisse, la crainte et les inquiétudes qui pèsent sur elle, elle est restée digne. Elle a aussi le soutien de toute sa famille, de tout le Sénégal, devrais-je dire. Je suis en contact permanent avec son oncle résident en Île-de-France qui s’investit corps et âme pour retrouver Diary. Sans interférer dans l’enquête, où en sont les choses actuellement au niveau de la mobilisation au Sénégal et en France ? La mobilisation est spontanée et exceptionnelle. Depuis l’annonce de sa disparition, nous avons constaté un élan de solidarité aussi bien au Sénégal qu’en France. Les gens appellent de partout juste pour manifester leur soutien. Les jeunes, les étudiants d’ici et d’ailleurs ont spontanément envahi les réseaux sociaux avec un seul mot d’ordre : retrouver Diary Sow saine et sauve. La famille remercie tout le monde. Êtes-vous confiant ? Absolument. Je suis très confiant. En considérant toutes les diligences mises en œuvre tant par les autorités sénégalaises que françaises pour la retrouver, toute la mobilisation des Sénégalais et même au-delà, je ne peux qu’être confiant. Notre Diary nous reviendra saine et sauve. C’est un souhait collectif accompagné de sincères et ferventes prières. Source : Le Point Afrique.

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