Territorialisation des politiques publiques: Le Sénégal à l’heure de la responsabilisation de ses Conseils de quartiers, leaders de la société civile véritable et légitime du pays

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La responsabilisation par l’Etat des leaders de la société civile véritable et légitime que sont en réalité les conseils de quartiers urge. Le Conseil de quartier est une instance de démocratie participative : c’est un lieu d’expression, de concertation et d’initiatives citoyennes. Il donne l’occasion à chacun de s’informer des décisions municipales, d’intervenir dans leur élaboration et d’être acteur de son quartier. Il incite à une citoyenneté active et participative au renforcement du lien social entre tous les habitants de la commune. Aucun prosélytisme d’ordre religieux ou politique n’a sa place dans le Conseil de quartier.

Le Conseil de quartier est une commission consultative de la commune. Il peut être saisi par la Mairie sur des questions, dossiers ou projets concernant le quartier, plusieurs quartiers ou la commune, qui auraient une incidence directe sur son devenir. Ses organes sont le bureau exécutif, le comité directeur et l’assemblée générale du quartier. Il est composé des représentants des organisations communautaires de bases (associations et groupements) dont l’ASC, délégué de quartier, des lieux de culte (Imam, Curé ect..), du badienou GOKH, des relais communautaires, des magasins commerciaux, du 3ème âge, des femmes, conseiller municipal émanant du quartier ; et de tout habitant qui le désire pourvu qu’il en fasse la demande adressée au président du conseil en amont pour assister aux réunions qui l’intéresse.

Le Conseil de quartier a également un pouvoir d’initiative : il peut émettre des propositions, des suggestions, des vœux, élaborer des initiatives et des projets pour le quartier. Il a la possibilité d’adresser des questions écrites ou orales au maire de la commune qui fait le lien avec le Conseil municipal.

Le Sénégal est composé de quartiers (villages). Chaque sénégalais quelque soit la station qu’il occupe vit dans un quartier. Si le quartier est mal gouverné, ne se développe pas de lui-même, où que puisse être le citoyen il est dans une psychose permanente d’insécurité. Ce lieu premier de réalisation du bien-être général des populations se trouve en ce moment ankylosé dans ses progrès. A savoir, l’inexistence d’un décret portant organisation et fonctionnement des conseils de quartier, la nomenclature budgétaire des collectivités territoriales et l’article 7 du code des collectivités territoriales à réadapter au contexte actuel. L’évolution actuelle du pays l’exigeant du fait qu’un pays ne peut se développer que par ceux qui l’habite d’abord. Et, les gens habitent dans leur quartier. Les quartiers demandent à être associer de fait down/up et up/down dans la conception et l’accompagnement des projets et programmes en tant que bénéficiaires connaissant les réalités du milieu.

En effet, la problématique du préfinancement de l’auto-emploi des jeunes est à l’ordre du jour dans les foyers, les comités départementaux de développement (CDD) et la presse, voir journal le quotidien du mardi 30 Mars 2021. Dans chaque quartier du pays les jeunes attendent de visu leur part sur les 450 Milliards étalés sur 3 ans qui leurs sont alloués par l’Etat. « La bombe jeune » illustrée dans le livre du brillant journaliste sénégalais Cheikh Yérim Seck intitulé « Ces goulots qui étranglent le Sénégal » est en ce moment à désamorcer dans les locaux de la DER, l’ADPME et de l’ANEJ. Les jeunes, les préfets et les quartiers disent ne pas connaitre ou identifier de bénéficiaires des financements de l’Etat gérés par ces structures. Sur ce, nous saluons la sortie médiatique républicaine du Préfet de Rufisque Monsieur Serigne Babacar Kane.

Environ, dans chaque quartier du pays est attendue la somme de 18.510.510,5 FCFA brut (dix-huit millions cinq cent dix mille cinq cent dix virgule cinq) selon la proposition suivante de clés de répartition basée sur l’équité territoriale et le découpage administratif du pays. C’est dire donc que les machines à calculer ont eu à fonctionner

14 régions : 450 Milliards FCFA

45 départements : 10 Milliards FCFA brut chacun

Exemples :

Département de Rufisque avec ses 12 communes

Chaque Commune : 833.333.333,3 FCFA brut

Commune de Rufisque-Est qui compte 45 quartiers

Ce qui revient à

Les 18.510.510,5 FCFA brut Par Quartier 

  • L’ANEJ, l’ADPME et la DER sont appelées à planifier des tournées dans les quartiers accompagnées du représentant de l’Etat, de la Commune et du conseil de quartier
  • Le sous-préfet : avise chaque délégué de quartier du calendrier de ladite tournée.
  • Le Conseil de quartier : convoque les jeunes qui s’entendent sur les projets à soumettre à la DER.
  • Le Conseil de quartier accompagne, suit et rend compte de l’évolution du projet.

La réussite du projet finance les projets des autres groupes de jeunes du quartier, suivant une planification préétablie consensuellement avec les jeunes, les femmes, l’ASC, le Badienou GOKH, des personnes ressources le représentant des commerçants et des entreprises du quartier, les expériences professionnelles des personnes retraitées ect… qui eux tous sont membres du Conseil de quartier bras technique du délégué de quartier chargé de gouverner le quartier ensemble par la volonté générale et légitime des habitants.

Ainsi pour chaque jeune, réussir le projet devient d’abord une question d’honneur pour soi-même, pour les frères et sœurs, la maman et la famille dans un environnement culturel et communautaire où après échec, la honte appelée « GACE Pinth » est évitée.

Cet esprit de démocratie, d’équité, de justice sociale, de transparence et de concertation se trouve dans nos valeurs culturelles négro africaines de civilisation, socle de notre mentalité vers le développement. Dialoguer est la voie du sénégalais qui va réussir son projet « le Sénégal pays de dialogue » Léopold Sédar Senghor

Les blocages induits par l’article 7 du code des collectivités locales à réadapter

L’article 7 du code des collectivités territoriales éclate ou divise l’unité du quartier autour du Conseil de quartier, qui porte quotidiennement, 12 mois sur 12 la gouvernance, le progrès, le développement du quartier dans tous les secteurs d’activités par des actions et initiatives de développement.

Ledit article ci-dessus cité apostrophe les conseils de quartier. Les installations par le représentant de l’Etat ou par la collectivité territoriale de comités ad hoc de ciblage pour des actions publiques ponctuelles dans le quartier frustrent les habitants. Ledit comité fond dans la nature juste après plongeant les habitants dans des querelles, lamentations et dénigrements de l’autorité publique.

Cet article distingue l’ASC, le Badiénou GOKH etc sans prendre en compte que tous les acteurs de développement du quartier sont regroupés dans une seule et même institution qui est le Conseil de quartier, à saisir directement par le représentant de l’Etat et la collectivité territoriale ainsi la réussite et la paix sociale sont réalisées et de visu partagées par les habitants.

Dans les quartiers où le tire a été vite rectifiée à l’occasion de la distribution des denrées alimentaires octroyées par l’Etat et des mesures barrières de lutte contre le COVID 19, un taux de réussite de 100% a été obtenu avec l’implication des initiatives et avis du Conseil de quartier autour du délégué de quartier. Tous les ménages ciblés ont reçu leur dotation en vivre. Le Conseil de quartier a reçu avec le délégué de quartier des dons additionnels de personnes ressources ou fils du quartier qui ont été stockés en amont. Cela a permis de compléter les dotations octroyées par l’Etat. Mieux le quartier a été primé par l’ODCAV pour avoir réalisé les meilleures performances en actions de lutte contre la pandémie en est un exemple. Par civisme aucune action de violence n’a été enregistrée dans ces quartiers ou faites par leurs jeunes habitants à l’occasion des actes de vandalisme récemment constatés à travers certains endroits du pays récemment. Le quartier Mérina à Rufisque en est un exemple vérifiable parmi tant d’autres, qui ont progressé en regain de civisme et de citoyenneté responsable

Même si les Conseils de quartier portent le développement de proximité partout en Europe jusqu’en Amérique du Sud, ils ont eu à exister au Sénégal jusqu’à la période des indépendances en 1960 sous forme de Pinth ou arbre à palabre. Pour l’histoire, nos recherches auprès des anciens nous ont informés que lesdits Pinth ou arbres à palabre qui sont les instances de concertation et de démocratie d’antan  ont commencé à perdre leurs forces à partir de la seconde guerre mondiale 1939 – 1945. Durant cette période, les colons avaient institué des chefs de quartier et des chefs de village avec comme mission exclusive annoncée la distribution du courrier des tirailleurs sénégalais établis sur la ligne de front en Europe. Alors que de fait, leur seule personne dans le quartier phagocyte depuis lors les prérogatives du pinth ou arbre à palabre devenu progressivement une coquille vide.

Aujourd’hui au Sénégal, les délégués de quartier sont soulagés avec l’avènement des Conseils de quartier, dans lesquels ils siègent en tant que membres d’office et qui les aident et accompagnent en parfaite symbiose dans l’administration du quartier par des décisions et actions concertées en amont et en aval comme avant 1939 – 1945. Ainsi entre la commune et les populations existe tout un hiatus et une bonne entente républicaine tendant à combler le très grand fossé réel qui sépare la collectivité territoriale et les habitants du quartier.

En somme, pour nous habitants ou citoyens de ce pays, nous seuls d’abord pouvons développer le Sénégal. A notre niveau de conseils de quartier, pour y parvenir ensemble avec l’Etat, les collectivités territoriales et les entreprises, nous attendons de son Excellence Monsieur le Chef de l’Etat dans sa prérogative constitutionnelle de définir la politique de la nation, les actions suivantes :

  • décret portant organisation et fonctionnement des conseils de quartier au Sénégal :
  • inclusion d’une subvention des conseils de quartiers dans la nomenclature budgétaire des collectivités territoriales ;
  • réadaptation de l’article 7 du code des collectivités territoriales avec l’avènement des Conseils de quartiers ;
  • Renforcement des moyens financiers, matériels, législatifs et réglementaires des Communes ;
  • mesures étatiques de généralisation des conseils de quartiers au niveau de toutes les Communes du Sénégal

Bientôt le Sénégal va retrouver sa place de Première démocratie africaine voire mondiale, au nom de l’idéal républicain et le sentiment d’appartenir tous à une seule et même nation.

Déthié WANE

Coordonnateur National des

 Conseils de quartier du Sénégal

Fiscaliste, Professeur de mathématiques,

Master 2 professionnel

en ingénierie économique et affaires

 Internationales de l’Université

 du littoral Côte d’Opale,

 Académie de Lille,

Master 2 professionnel en management

Portuaire et maritime du

Centre Trainmar de DAKAR

Tél : 77 275 25 94

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