Erdogan à Sotchi pour «ne pas renoncer à la Russie», Poutine souhaite plus de coopération économique

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À l’occasion de la visite du président turc Recep Tayyip Erdogan à Sotchi, dans le sud de la Russie, son homologue Vladimir Poutine a tenu à souligner sa volonté de renforcer les accords économiques entre les deux pays. Ces derniers mois, les deux hommes ont multiplié les échanges sur fond de guerre en Ukraine, dans laquelle le chef de l’État turc s’est imposé comme un médiateur entre Moscou et Kiev.

C’est la deuxième fois en moins de trois semaines que les deux chefs d’État se rencontrent, ce que Recep Tayyip Erdogan appelle « ne pas renoncer à la Russie » et « maintenir constamment ouverts les canaux du dialogue ».  Satisfait de la mise en œuvre réussie de l’accord sur les céréales négocié par la Turquie et l’ONU entre la Russie et l’Ukraine, le président turc applique ces préceptes en rencontrant Vladimir Poutine ce vendredi 5 août.

Un premier navire de maïs ukrainien est passé sans encombre par Istanbul mercredi après avoir traversé la mer Noire, rappelle notre correspondante à Istanbul Anne Andlauer. Le président Erdogan espère que ce premier succès diplomatique permettra d’autres avancées sous médiation turque entre les deux belligérants et compte bien en discuter avec Vladimir Poutine.

Des efforts salués par le président russe : « Grâce à votre participation directe et à la médiation du secrétariat de l’ONU, le problème lié aux livraisons des céréales ukrainiennes en provenance des ports de la mer Noire a été réglé. Les livraisons ont déjà commencé, et je voudrais vous en remercier », indique-t-il.

Coopération économique et questions sécuritaires

Au début de la rencontre, retransmise à la télévision russe, Vladimir Poutine a déclaré espérer la signature d’un « mémorandum sur le renforcement de nos liens économiques et commerciaux ». Il a également souligné le rôle d’Ankara dans le transit du gaz russe vers l’Europe, via le gazoduc TurkStream. « Les partenaires européens doivent être reconnaissants envers la Turquie parce qu’elle assure le transit ininterrompu du gaz russe », assure-t-il.

De son côté, Recep Tayyip Erdogan dit espérer que son entretien avec Vladimir Poutine permettra d’« ouvrir une page très différente dans les relations » russo-turques, ajoutant que des délégations des deux pays avaient eu des discussions « très productives », notamment sur le commerce et le tourisme. Par ailleurs, le chef de l’État turc avait précédemment dit vouloir s’assurer que la construction de la centrale nucléaire d’Akkuyu par le géant nucléaire russe Rosatom, dans le sud de la Turquie, respecterait le « calendrier fixé », alors qu’un litige risque de provoquer des retards dans ce méga-projet.

Avec cette rencontre, Recep Tayyip Erdogan vient également rappeler son projet de nouvelle offensive contre les forces kurdes dans le nord de la Syrie, qu’il qualifie de « terroristes », pour laquelle il a jusqu’ici échoué à convaincre la Russie, premier allié du régime syrien. « Discuter à cette occasion des développements en Syrie permettra d’apaiser la région. Notre solidarité dans la lutte contre le terrorisme est très importante », souligne Recep Tayyip Erdogan.

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