Financements – Reconstitution des ressources du Fad : La Bad veut entre 4 et 13 milliards de dollars

Mentions legales

La Banque africaine de développement veut mobiliser entre 4 et 13 milliards de dollars dans le cadre de la 16e reconstitution des ressources du Fonds africain de développement (Fad). La 3e réunion du Fad-16, ouverte depuis jeudi, va se clôturer aujourd’hui à Dakar. Le Sénégal attend des partenaires au développement, une augmentation généreuse des moyens du Fad dans le cadre de cette 16e reconstitution de ses ressources. Pour Amadou Hott, ministre de l’Economie, du plan et de la coopération, l’accès du Fad aux marchés des capitaux est devenu une nécessité.

Akinwumi Adesina, président de la Bad.

La Banque africaine de développement (Bad) veut soutenir l’Afrique face au changement climatique qui bouleverse le continent avec l’inondation d’un extrême et la sécheresse de l’autre. Pour ce faire, la Bad cherche à mobiliser des ressources financières. C’est dans cette dynamique que s’inscrit la troisième réunion de la 16e reconstitution des ressources du Fonds africain de développement (Fad-16) en cours à Dakar depuis jeudi. «Pour ce Fad, nous avons ouvert un guichet avec nos pays donateurs, pour pouvoir mobiliser entre 4 et 13 milliards de dollars américains afin de soutenir les actions d’adaptation climatique», a déclaré le président de la Bad, Adesina Akinwumi, après l’ouverture de la rencontre. De manière générale, cela va impacter 20 millions de paysans qui auront accès aux technologies plus performantes qui résistent au changement climatique, 20 millions de paysans et d’éleveurs qui auront accès à l’assurance pour se protéger contre les effets néfastes du changement climatique et enfin, 1 million d’ha de terres dégradées qui seront renouvelées. De même, au moins 9,6 millions de personnes auront accès à l’énergie renouvelable.

Par conséquent, a souligné le ministre de l’Economie, du plan et de la coopération, une forte mobilisation de ressources concessionnelles et mixtes est plus que jamais indispensable pour soutenir les pays africains, accompagner leurs plans de relance et relever tous les défis que posent ces chocs multiformes. «Un tel contexte justifie toute la pertinence du Fad-16, nonobstant son impact sur le développement du continent et son ambition de s’attaquer à certains défis», a magnifié Amadou Hott.

Il a plaidé pour le soutien aux pays africains à faible revenu particulièrement impactés par les conséquences des multiples crises qui frappent le continent africain. M. Hott a appelé les partenaires au développement à augmenter généreusement les moyens du Fad dans le cadre de cette 16e reconstitution de ses ressources.

«Le Fad a également besoin que ses interventions soient optimisées pour amplifier ses impacts. C’est pourquoi le Sénégal en appelle à plus d’audace et d’approches novatrices en termes de flexibilité dans les règles d’allocation des ressources et d’accès du Fad aux marchés internationaux des capitaux», a déclaré le ministre en charge du Plan et de la coopération, qui a salué les efforts exceptionnels faits par les donateurs et qu’ils continueront à faire surtout dans le cadre de ce Fad-16.

Cependant, face à l’ampleur des besoins, à la nécessité d’accélérer les accès en Afrique et à la rareté des ressources concessionnelles, Amadou Hott estime que l’accès du Fad aux marchés des capitaux devient une nécessité. «Il permettrait de créer un effet de levier pour offrir aux pays à revenu faible, des financements supplémentaires plus abordables que si ces derniers se lancent sur le marché dans l’obligation de trouver des ressources pour apporter des réponses aux préoccupations urgentes de leurs populations», explique-t-il.

Pour lui, en accédant aux marchés des capitaux, le Fad pourra lever 33 milliards de dollars, en complément de ses fonds propres de 25 milliards de dollars. «C’est dans cet élan que nous pourrons atteindre un objectif de billions à trillions, une initiative lancée lors de la Conférence annuelle sur le financement à Addis-Abeba en 2015», rappelle le ministre.

D’après M. Hott, la réallocation des Droits de tirage spéciaux (Dts) du Fonds monétaire international (Fmi) constitue également une opportunité d’amplification des interventions du Fad-16. «Nos chefs d’Etat et de gouvernement ont plaidé pour la réallocation d’une partie des Dts à travers les banques multilatérales de développement. Le Sénégal entend poursuivre le plaidoyer pour la mise en place d’une solution technique pouvant convaincre les sceptiques», a-t-il déclaré.

En outre, le Sénégal attend impatiemment l’aboutissement du financement de l’autoroute Dakar-Saint Louis, qui est un maillon important de l’Autoroute transafricaine Le Caire-Dakar, un vrai levier d’intégration des économies et des peuples africains, selon le ministre de l’Economie, du plan et de la coopération.
ksonko@lequotidien.sn

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *