L’examen du Certificat de fin d’études élémentaires (Cfee) démarre aujourd’hui, mercredi 17 juin, sur l’étendue du territoire national et en Gambie. Étalée sur deux jours, cette session qui réunit 306 485 candidats marque un tournant majeur avec la généralisation du dispositif « Cfee dans le centre », la digitalisation complète du processus et la suppression du concours d’entrée en 6ᵉ.
La session 2026 du Certificat de fin d’études élémentaires (Cfee) s’ouvre sous le signe des réformes. Face à la presse hier, le directeur des Examens et concours, Papa Baba Diassé, a détaillé le dispositif mis en place pour cet examen qu’il présente comme l’aboutissement d’un vaste chantier de modernisation engagé par le ministère de l’Éducation nationale. L’objectif affiché est de rendre les examens scolaires plus rapides, plus transparents, plus inclusifs et plus conformes aux exigences d’une école tournée vers l’équité et l’inclusion.
Pour cette session, 306 485 candidats sont inscrits, contre 300 834 l’année dernière ; soit une hausse de 5 651 élèves. Les filles demeurent majoritaires avec 173 597 candidates représentant 56,64 % de l’effectif global. Selon le directeur des Examens et Concours, la hausse du nombre de candidats traduit la dynamique de scolarisation observée dans l’enseignement élémentaire ainsi que les efforts consentis pour élargir l’accès à l’éducation. Les candidats de l’option franco-arabe sont au nombre de 16 518, soit 5,38 % des effectifs.
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Pour accompagner la hausse des effectifs, le dispositif organisationnel a été renforcé. Le nombre de centres d’examen passe de 2018 à 2 081 établissements, tandis que plus de 24 520 surveillants sont mobilisés pour la circonstance. 10 405 secrétaires et 2 081 chefs de centre et autant d’adjoints sont retenus aussi pour la gestion administrative de l’examen. M. Diassé assure que toutes les opérations préparatoires ont été finalisées, depuis l’élaboration et la sécurisation des épreuves jusqu’à leur acheminement dans les Inspections d’académie (Ia) et les Inspections de l’éducation et de la formation (Ief) ainsi que dans les centres d’examen.
La principale innovation de cette session réside dans la généralisation du dispositif dit « Cfee dans le centre ». Présentée comme une réforme structurante, cette mesure modifie profondément l’organisation traditionnelle de l’examen. Papa Baba Diassé rappelle que depuis plusieurs décennies, le processus combinait, dans un même dispositif, les épreuves du Cfee et celles du concours d’entrée en 6e.
Les résultats dans moins de dix jours
« Les corrections centralisées nécessitaient plusieurs semaines avant la publication des résultats », a-t-il indiqué, soulignant que désormais, toutes les opérations seront réalisées directement dans les centres d’examen. De l’administration des épreuves à la proclamation des résultats en passant par la correction, la saisie des notes ainsi que les délibérations s’effectueront sur place.
Selon le directeur des Examens et Concours, cette nouvelle organisation permettra de ramener à moins de dix jours l’ensemble du processus, à l’image du Bfem et du Baccalauréat. Pour lui, les gains attendus concernent à la fois la rapidité, l’efficacité et la transparence des opérations. Cette évolution, soutient M. Diassé s’appuie sur la plateforme numérique Anadole qui assure désormais la gestion complète du processus.
Les inscriptions, le suivi des données, l’authentification des candidats par QR Code ainsi que la publication des résultats sont entièrement digitalisés. Papa Baba Diassé souligne que cette transformation numérique constitue le socle qui rend possible la généralisation du « Cfee dans le centre ».
L’autre changement majeur concerne la suppression du concours d’entrée en sixième. Le directeur des Examens et concours explique que cette décision découle d’une réflexion de fond sur l’équité et la cohérence du système éducatif. Selon lui, l’ancien dispositif ne reposait pas exclusivement sur les performances des élèves, mais également sur les capacités d’accueil du cycle moyen.
Une situation que les autorités ont jugée contraire au principe d’égalité des chances. Papa Baba Diassé estime également que le concours d’entrée en 6e entretenait une contradiction avec la loi portant obligation scolaire sur dix ans, qui garantit la présence des enfants à l’école entre six et seize ans.
Dans certains cas, des élèves n’ayant pas atteint cet âge pouvaient pourtant quitter prématurément le système éducatif. Sur le plan pédagogique, le directeur des Examens et concours considère qu’il existait une incohérence à organiser simultanément un examen de certification et un concours de sélection.
La réforme de la transition entre l’élémentaire et le moyen vise ainsi à promouvoir une école plus inclusive, à assurer la continuité des apprentissages et à consolider les acquis des élèves. Le directeur des Examens et concours insiste également sur les mesures prises en faveur de l’inclusion. Cette année, 132 candidats à besoins éducatifs spéciaux prennent part aux épreuves contre 125 en 2025. Des sujets en braille sont prévus pour les candidats non-voyants tandis que des formats adaptés sont mis à la disposition des malvoyants.
Le casse-tête des candidats sans état civil
La question de l’état civil demeure également une préoccupation majeure, a déclaré, hier, le directeur des Examens et concours. Papa Baba Diassé relève une évolution encourageante. Il note toutefois une baisse du nombre d’élèves concernés. Le nombre de candidats ne disposant pas encore de pièces d’état civil est passé de 73 224 en 2025 à 58 462 en 2026 ; soit une baisse de 14 762 cas.
Tous ces candidats sont néanmoins autorisés à composer, précise M. Diassé. Pour la direction des Examens et concours, cette diminution témoigne des efforts entrepris par les autorités. Il cite notamment les audiences foraines tenues un peu partout pour faciliter l’obtention des documents administratifs indispensables à leur parcours scolaire.





