Alors que le projet contesté de la FIFA de vendre des parts de la Coupe du monde à des investisseurs privés déclenche une vague de critiques à travers le monde, la Confédération africaine de football (CAF) a choisi une tout autre posture.
Dans un communiqué publié ce mercredi, l’instance continentale annonce qu’elle va étudier la proposition, sans fermer la porte au projet.
Motsepe convoque le Comité exécutif de la CAF
Dans son communiqué, la CAF précise avoir « été contactée aujourd’hui par la FIFA concernant l’initiative FIFA Forward Enterprise, conformément au processus de consultation en cours avec les Associations Membres de la FIFA et le Conseil de la FIFA ». En réponse, le président de la CAF, le Dr Patrice Motsepe, tiendra « une réunion du Comité Exécutif de la CAF la semaine prochaine afin, entre autres, d’examiner et d’évaluer l’initiative proposée », ainsi que ses implications pour le développement du football sur le continent.
Au-delà de cet examen interne, la CAF va plus loin en indiquant qu’elle « encourage également ses Associations Membres à examiner la proposition FIFA Forward Enterprise et à participer au processus de consultation », conformément aux règlements et procédures établis conjointement par la CAF et la FIFA. L’instance affirme vouloir « poursuivre un dialogue étroit » avec ses membres, la FIFA, les autres confédérations et l’ensemble des parties prenantes, avec un objectif affiché : renforcer les ressources financières et les moyens mis au service du développement du football, « en Afrique comme à l’échelle mondiale ».
Une posture qui détonne dans le concert des critiques
Le ton employé par la CAF tranche nettement avec les réactions enregistrées ailleurs. En Europe, l’UEFA a dénoncé une ligne que le football ne devrait jamais franchir. La Fédération française de football a elle aussi fait part publiquement de ses inquiétudes. Du côté de l’Amérique du Nord, la Concacaf a critiqué l’absence de concertation préalable avec les instances de gouvernance concernées, regrettant que les détails du projet aient été rendus publics avant toute véritable discussion.
Face à ce front de contestation, la CAF apparaît donc, à ce stade, comme la première grande confédération à ne pas se montrer fermée à l’initiative de Gianni Infantino. Une position qui n’est pas totalement une surprise : Patrice Motsepe, réélu sans opposition à la tête de la CAF en mars dernier, entretient des relations de longue date avec le président de la FIFA, même si certains dossiers récents, comme le rapprochement de la CAF avec l’UEFA sur le plan arbitral, ont pu témoigner de tensions ponctuelles entre les deux hommes.
Reste à savoir si cette ouverture initiale de la CAF résistera aux débats attendus lors de la réunion du Comité exécutif. La décision qui en sortira sera scrutée de près, tant elle pourrait peser sur la position de l’ensemble du continent africain dans ce bras de fer mondial autour de l’avenir commercial de la Coupe du monde.




