N’eut été la vigilance du notaire, un terrain de 1408 m2, sis à Dakar-Plateau, aurait peut-être été illégalement vendu. Ce dernier a nourri des doutes sur l’authenticité des documents (duplicata du titre foncier du bien et une procuration établie par un notaire exerçant en France) présentés par Assane D., le vendeur, à son étude.
Pour en avoir le cœur net, le notaire basé à Dakar contacte son confrère situé dans l’Hexagone et qui aurait produit les documents en question. «Ce dernier a formellement indiqué n’en être ni l’auteur ni le signataire, mettant ainsi en cause l’authenticité des actes présentés», rapporte Libération, qui relaye cette histoire.
Alertée par l’étude notariale dakaroise, la DIC interpelle toutes les personnes impliquées dans la transaction qui devait rapporter 3,2 milliards de francs CFA, Assane D. donc, Serigne Fallou D., Amadou S. et Massamba F.
«Entendu sur les faits, déroule le journal, Assane D. reconnaît avoir entrepris les démarches relatives à la vente et déclare tenir son pouvoir d’un prétendu Maruane M., établi en France, qui lui aurait remis la procuration et les documents afférents au bien. Il soutient cependant ignorer leur caractère frauduleux.»
Assane D. confiera aux enquêteurs, selon la même source, avoir conclu une promesse de vente avec un client qui était prêt à verser un acompte de 320 millions, soulignant qu’il devait toucher une commission de 10% sur le total de la transaction.
Maruane M. n’étant pas à Dakar, selon le mis en cause, les enquêteurs ont invité ce dernier à fournir ses coordonnées téléphoniques. «Il n’a pas été en mesure de la communiquer», souffle le quotidien d’information.
Les complices présumés de Assane D. ont tous cherché à limiter leur implication dans cette affaire et/ou juré ignorer le caractère frauduleux des documents incriminés, informe Libération. Massamba F. a ainsi déclaré s’être borné à conseiller et à accompagner Assane D., son beau-frère, chez le notaire, sans contrepartie financière.
Malheureusement pour lui, signale Libération, «l’exploitation de son téléphone a permis de relever plusieurs échanges relatifs à la transaction, notamment sur le prix du mètre carré, l’état des droits réels, les frais de mutation ainsi que les démarches notariales, faisant ressortir sa connaissance de plusieurs aspects de l’opération».
Fallou D., lui, a fait croire qu’il ne serait qu’un simple intermédiaire, notamment entre Assane D. et le notaire, en vue de toucher une commission. Amadou S., qui se déclare facilitateur aussi, a affirmé avoir juste accompagné les parties chez le notaires, ce qui devait lui permettre d’encaisser une partie des 6% du montant de la transaction réservés aux intermédiaires.
Ces derniers ont juré qu’ils ignoraient le caractère frauduleux des documents en cause. Avec les deux autres mis en cause, ils sont poursuivis pour association de malfaiteurs, faux et usage de faux en écritures authentiques et tentative de corruption, selon Libération.
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