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Commissions d’enquête parlementaires : Mamoudou Ibra Kane met en garde contre la politique de la chaise vide

L’audition d’Abdou Karim Fofana, ancien directeur général de l’Agence générale du patrimoine bâti de l’État, ce lundi, relance le débat sur le rôle des commissions d’enquête parlementaires. Pour Mamoudou Ibra Kane, le boycott n’est pas la solution. Il appelle également à une mobilisation citoyenne pour faire la lumière sur les dossiers sensibles de la gestion publique.

 

Mamoudou Ibra Kane invite les acteurs politiques à privilégier la participation aux commissions d’enquête parlementaires plutôt que la politique de la chaise vide. Dans une publication, le leader de Demain, c’est maintenant estime que l’audition, ce lundi, d’Abdou Karim Fofana constitue une illustration de la nécessité de répondre aux convocations des députés.

 

« La politique de la chaise vide n’est pas la solution. Elle est rarement payante », soutient-il. À ses yeux, les acteurs qui contestent certaines démarches parlementaires gagneraient davantage à réclamer l’élargissement des enquêtes à d’autres dossiers controversés plutôt qu’à opter pour le boycott.

 

Mamoudou Ibra Kane souligne, à cet égard, que l’une des commissions d’enquête, celle portant sur les TRS (emprunts), est présidée par un membre de l’opposition parlementaire. Il encourage ainsi la poursuite de cette dynamique de contrôle de l’action publique.

 

Tout en défendant le rôle des députés dans le contrôle de l’action gouvernementale, Mamoudou Ibra Kane rappelle les limites de leurs prérogatives. « L’Assemblée nationale doit jouer son rôle tel qu’il est défini par la Constitution et les lois de la République. Cependant, elle n’est pas la justice », écrit-il, soulignant que cette fonction relève du pouvoir Judiciaire.

 

Pour étayer son propos, il rappelle plusieurs précédents qui ont marqué la vie politique sénégalaise : la commission d’enquête sur les six milliards F CFA de la SONACOS, celle portant sur l’affaire des vivres de soudure, l’affaire présumée des 94 milliards F CFA ainsi que la proposition d’audition des responsables des chantiers de l’Agence nationale de l’Organisation de la conférence islamique (ANOCI).

 

Ces différentes affaires, selon lui, ont suscité de nombreuses controverses sans toujours déboucher sur les résultats attendus dans l’opinion publique. « Toutes ces “affaires” avaient fait pschitt ! Espérons qu’il n’en sera pas le cas cette fois-ci », relève-t-il.

 

Au-delà du contrôle parlementaire, Mamoudou Ibra Kane plaide pour une implication accrue des citoyens dans la recherche de la vérité sur les dossiers liés à la gestion des ressources publiques.

 

Il évoque notamment la nécessité de ce qu’il qualifie de « commissions d’enquête populaires », une expression qui renvoie, selon lui, à la mobilisation des citoyens pour exiger que la lumière soit faite sur les affaires jugées opaques.

 

Dans cette perspective, il interpelle les étudiants sur le programme « Un étudiant, un ordinateur » et cite également les secteurs de la pêche, du foncier et des programmes spéciaux parmi les domaines qui mériteraient un examen approfondi.

 

Le journaliste et homme politique insiste enfin sur le rôle des organes de contrôle, dont certains rapports sont, selon lui, déjà disponibles. Pour Mamoudou Ibra Kane, la transparence dans la gestion des biens de l’État doit rester une exigence constante.

 

« La transparence dans la gestion des biens de l’État ne doit déranger personne », conclut-il.

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