Après les anciens ministres Cheikh Oumar Anne et Abdoulaye Daouda Diallo, c’est au tour de Moussa Baldé, ancien ministre de l’Enseignement supérieur, de décliner la convocation de la commission d’enquête parlementaire sur le programme « Un étudiant, un ordinateur ». Dans une lettre datée du 14 octobre et adressée au député El Hadji Gueye, président de ladite commission, il justifie sa décision par le manque de précisions sur les faits faisant l’objet de l’audition prévue le 16 octobre 2026.
Dans sa correspondance, le professeur à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD) estime qu’une telle « audition doit être préparée dans des conditions permettant des réponses précises, documentées et utiles ».
D’après l’ancien ministre la « lettre ne précise ni les faits particuliers sur lesquels vous souhaitez m’entendre, ni les marchés concernés, ni les actes ou décisions appelant des éclaircissements ».
Moussa Baldé estime que cette formulation générale ne permet pas de préparer sérieusement son audition. Il invoque à cet effet l’article 53 du règlement intérieur de l’Assemblée nationale, qui prévoit que les commissions d’enquête sont constituées pour « recueillir des éléments d’information sur des faits déterminés ».
Il ajoute que la référence à d’« éventuels dysfonctionnements », sans indication de leur nature ni des documents susceptibles de les étayer, renforce, selon lui, le caractère imprécis de la convocation.
Pour permettre un échange qu’il juge rigoureux et utile, l’ancien ministre demande ainsi que « les faits précis à éclaircir » soient identifiés et que les documents sur lesquels reposent les interrogations de la commission lui soient communiqués au préalable.
Dans sa lettre, Moussa Baldé s’étonne également de la demande qui lui est faite de se munir de rapports, de notes et de correspondances relatifs à la supervision et au contrôle du programme « Un étudiant, un ordinateur ».
Il rappelle que « ces documents, établis ou reçus dans l’exercice de fonctions ministérielles, appartiennent à l’État et sont conservés dans les archives des services compétents. Je n’en suis ni le propriétaire ni le dépositaire à titre personnel ».
Il estime par conséquent que leur communication doit donc être sollicitée auprès des administrations qui en assurent la garde.
Au regard de ces différentes réserves, l’ancien ministre considère que les conditions nécessaires à une audition utile et documentée ne sont pas réunies. Il demande ainsi au président de la commission de prendre acte de sa décision de ne pas participer à l’audition prévue le 16 octobre 2026.


