Les révélations explosives de l’ancien ministre Thierno Lô faisant croire que l’entourage du président de la République soutient Macky Sall a littéralement scandalisé le ministre des Affaires étrangères, Cheikh Niang. Thierno Lô a, en effet, avoué ce week-end sur Sen TV que l’ambassadeur du Sénégal à Washington, le directeur de cabinet du chef de l’Etat et le ministre des Affaires étrangères ont tous appelé Macky Sall pour le soutenir. Des propos que Cheikh Niang dément formellement. Même si Thierno Lô estime qu’une telle audace a eu l’onction du chef de l’Etat.
La polémique née de la candidature de l’ancien président Macky Sall au poste de secrétaire général de l’ONU n’a pas révélé tous ses secrets. Invité à SEN TV, chaîne privée, dimanche dernier, l’ancien ministre de Wade, Thierno Lô a révélé que l’entourage du chef de l’Etat a appelé Macky Sall pour le soutenir. “L’ambassadeur du Sénégal à Washington, le directeur de cabinet du président Diomaye Faye et le ministre des Affaires étrangères ont tous appelé Macky Sall pour le soutenir”, griffe Thierno Lô. Et ce dernier de se demander si le chef de l’Etat ne soutient pas son prédécesseur, son entourage pousserait-il l’audace jusqu’à ce point. “Ils n’ont qu’à me démentir si ce n’est pas vrai”, défie Thierno Lô. Ce démenti est justement tombé. Interrogé par téléphone, le ministre des Affaires étrangères a formellement démenti ces assertions. “C’est totalement faux !”, a martelé le ministre Niang. Une bien curieuse posture d’autant que la candidature de Macky Sall est jalonnée de soubresauts les plus spectaculaires les uns que les autres.
Cette révélation met, en principe, le chef de l’Etat et son entourage dans l’embarras. Jusque-là, la position officielle affichée par la présidence au sujet de la candidature de Macky Sall ressemble à un refus poli. Il n’y a, en effet, pas de déclaration annonçant sans ambiguïté que le Sénégal ne soutient pas Macky Sall. Tout comme les hautes autorités n’ont pas avoué appuyé la candidature de l’ancien président.
C’est d’ailleurs, apparemment, pour cette raison que le président Sall s’est approché du chef de l’Etat burundais, président de l’Union africaine pour le convaincre à parrainer sa candidature. Le Burundi, qui assure actuellement la présidence tournante de l’Union africaine, a déposé la candidature de Macky Sall à l’élection du prochain secrétaire général des Nations unies, a déclaré lundi 2 mars dernier, Neice Collins, porte-parole de l’Assemblée générale des Nations unies. “Nous allons commencer par faire quelques annonces. Certains d’entre vous le savent peut-être déjà : le président de l’Assemblée générale a reçu une nouvelle déclaration de candidature, concernant l’élection du secrétaire général de l’ONU. Macky Sall, l’ex-président du Sénégal a été désigné candidat par la République du Burundi, qui a présenté son dossier ce matin (lundi)”, a notamment dit Mme Collins qui s’adressait à des journalistes au siège de l’organisation onusienne à New-York. Elle a ajouté que le président de l’Assemblée générale et le président du Conseil de sécurité ”vont conjointement en informer les chefs d’État”.
Deux jours après, interrogé par notre confrère Baye Oumar Guèye, Directeur général de Sudfm, le ministre de l’Intégration africaine et des Affaires étrangères, Cheikh Niang, a affirmé sans détour que le gouvernement du Sénégal n’a pas été associé à la démarche de l’ancien Président Macky Sall visant à obtenir le poste de Secrétaire général des Nations Unies. Le ministre Cheikh Niang a ajouté que “le gouvernement du Sénégal n’a pas été associé à cette démarche telle que présentée dans la lettre adressée au Secrétaire général de l’ONU”. Il a également précisé que cette question n’avait fait l’objet d’aucune discussion officielle lors du récent sommet de l’Union africaine tenu en février, et qu’aucun endossement collectif n’y avait été exprimé.
Même si rien ne s’oppose, au regard des traditions onusiennes, à la démarche solitaire du Burundi, Dakar semble s’offusquer de l’absence de concertation. Le ministre a par ailleurs révélé qu’une lettre de Macky Sall avait été adressée directement au président de la République, Bassirou Diomaye Diakhar Faye, sollicitant son soutien. Cette lettre serait toujours en attente de réponse, le délai de soumission des candidatures n’étant pas encore écoulé. Cheikh Niang a précisé que c’est à l’expiration de ce délai que la suite réservée à cette demande sera connue.
Le vendredi 27 mars dernier, dans une note adressée au ministère des Affaires étrangères de l’Éthiopie ainsi qu’aux missions permanentes des États membres auprès de l’Union africaine, l’institution indique avoir examiné un projet de décision relatif à l’approbation de cette candidature. Ce document faisait suite à une précédente note verbale datée du 26 mars 2026.
La Commission précise que cette proposition était soumise à la procédure dite « de silence », un mécanisme diplomatique par lequel une décision est adoptée en l’absence d’objection des États membres dans un délai donné. Cependant, à la clôture de la journée du 27 mars 2026, fixée comme échéance, vingt (20) États membres ont officiellement rompu le silence, empêchant ainsi l’adoption du projet de décision. En conséquence, la Commission de l’Union africaine a acté que le projet de décision visant à approuver la candidature de Macky Sall n’a pas été adopté. D’ailleurs, dans une note, Dakar précise que, contrairement à certaines interprétations, le gouvernement sénégalais “n’a, à aucun moment, soutenu cette candidature”.
Mieux, dans l’entourage politique du chef de l’Etat, à savoir la “Coalition Diomaye Président”, Bougar Diouf avait été exclu à la suite d’une sortie publique soutenant la candidature de l’ancien président Macky Sall au poste de Secrétaire général des Nations Unies. C’est depuis Munich, en marge de la Conférence internationale sur la Sécurité, qu’Aminata Touré a porté la parole de la coalition. “Monsieur Bougar Diouf s’est auto-exclu de la Coalition Diomaye Président et n’est plus membre de notre organisation”, a tranché Mimi Touré, précisant que des avertissements préalables lui avaient pourtant été signifiés.
En début avril dernier, Ciré Sy président du mouvement politique “Goorgoorlu Yi Meun Na Nekk” a affirmé avoir été retiré du groupe WhatsApp de ladite coalition, administré notamment par Samba Guèye, Lababa et Aminata Touré. Une décision qu’il dit avoir lui-même vérifiée. “On m’a informé et j’ai constaté que j’ai été retiré du groupe. J’en prends acte”, déclare-t-il. Derrière cette exclusion, l’intéressé soupçonne des raisons politiques. Il évoque notamment son soutien à une éventuelle candidature de Macky Sall et ses prises de position critiques. “Est-ce lié à mon soutien à Macky Sall ou à mon article sur le discours du président ?”, s’interroge-t-il.






