À l’ouverture de la rentrée parlementaire de ce mardi 13 octobre 2026, le Premier ministre Ousmane Sonko a insisté sur le rôle de contrôle de l’Assemblée nationale, la transparence dans la gestion des finances publiques et la responsabilité des institutions. Revenant sur les commissions d’enquête parlementaire, il a rappelé qu’elles ne se substituent pas à la justice, mais doivent établir les faits et formuler des recommandations.
Ousmane Sonko veut un Parlement plus exigeant dans le contrôle de l’action publique. Lors de son discours à l’occasion de la rentrée parlementaire, ce mardi 13 octobre 2026, le Premier ministre a appelé les députés à exercer pleinement leurs prérogatives, notamment en matière de contrôle des finances publiques et d’évaluation des politiques gouvernementales. Pour le chef du gouvernement, la transparence financière constitue un élément essentiel de la souveraineté économique. Il estime que les représentants du peuple doivent disposer d’informations fiables, complètes et accessibles sur les finances publiques, les garanties accordées par l’État, les risques budgétaires et les contrats portant sur les ressources naturelles. « Un peuple ne peut être pleinement souverain s’il ignore les engagements pris à son nom », a-t-il déclaré, soulignant la nécessité de renforcer l’accès à l’information sur les décisions financières et économiques de l’État.
« Le vote du budget n’est pas le terme du contrôle, mais son commencement »
Dans son intervention, Ousmane Sonko a rappelé que le rôle de l’Assemblée nationale ne se limite pas à voter les lois. Les députés ont également pour mission de contrôler l’action du gouvernement et d’évaluer les politiques publiques. « Voter une loi sans en suivre l’application, autoriser une dépense sans en examiner l’exécution, ce serait réduire notre mandat à une signature », a-t-il affirmé. Le Premier ministre a ainsi invité les parlementaires à mobiliser pleinement les instruments dont ils disposent : commissions, questions écrites et orales, débats budgétaires et rapports des institutions de contrôle. Il a particulièrement insisté sur le suivi de l’exécution du budget. « Le vote du budget n’est pas le terme du contrôle, mais seulement le commencement de ce contrôle », a-t-il martelé. Selon lui, les députés doivent examiner non seulement les crédits autorisés, mais également leur utilisation effective, les moyens mobilisés et les résultats obtenus dans la vie quotidienne des Sénégalais. Ousmane Sonko a également précisé que le contrôle parlementaire ne doit pas être assimilé à une défiance systématique envers l’Exécutif ni être considéré comme le monopole de l’opposition. Il le présente comme une exigence normale de la démocratie représentative, qui consiste à vérifier, questionner, évaluer et, si nécessaire, demander des corrections.
Commissions d’enquête : établir les faits sans se substituer à la justice
Abordant le travail des commissions d’enquête parlementaire, le chef du gouvernement a tenu à rappeler leurs limites et leurs responsabilités. « Une commission d’enquête n’est pas un tribunal », a-t-il souligné, précisant qu’elle ne condamne pas et ne se substitue pas à l’autorité judiciaire. Sa mission consiste, selon lui, à établir les faits et à formuler des recommandations. Lorsqu’elle constate des faits susceptibles de recevoir une qualification pénale, elle peut, dans les conditions prévues par la loi, saisir le procureur de la République. Il a également évoqué la possibilité d’engager une procédure de mise en accusation lorsque les conditions légales sont réunies. Pour Ousmane Sonko, la crédibilité de ces commissions repose sur la rigueur des investigations, le respect des personnes entendues et la distinction entre les faits établis et les appréciations politiques. Il a aussi appelé les députés à assurer le suivi des recommandations formulées et à en tirer les conséquences législatives lorsque les constats relèvent de leurs compétences.



