En réponse au gouvernement qui accusait la Commission des finances d’avoir truffé son rapport d’erreurs et de propos inventés, le député Amadou Bâ est monté au créneau pour défendre le travail des parlementaires. Brandissant la menace de la « VAR » (vidéo) pour confondre les ministres sur les hôpitaux, le pouvoir d’achat et les fonds spéciaux, la représentation nationale a tenu tête à l’Exécutif dans une passe d’armes mémorable.
La contestation du rapport de la Commission des finances par les représentants de l’Exécutif n’est pas passée sans réaction au sein de l’hémicycle. Prenant la parole pour défendre la fidélité du document, le député Amadou Bâ a vigoureusement réfuté les accusations de falsification ou d’inexactitude portées par les ministres.
Sur la question des projets hospitaliers de Mbour, Kaolack, Bakel, Ziguinchor et Saint-Louis, le parlementaire a catégoriquement rejeté l’affirmation selon laquelle ces infrastructures n’auraient pas figuré au cœur des préoccupations des commissaires. Selon lui, le sujet a été abordé à de multiples reprises, motivé par l’absence manifeste de crédits de paiement dans la loi de finances rectificative (LFR) 2026. Il a par ailleurs souligné que les lignes budgétaires y afférentes avaient totalement disparu du projet de loi de finances initiale (LFI) 2027. Le député a également défendu les réserves formulées par ses pairs concernant les dépenses sociales et la flambée des prix : « Préserver le pouvoir d’achat des Sénégalais et empêcher la hausse des prix, ça me semble crucial », a-t-il martelé, rappelant que cette urgence sociale avait été largement partagée au cours des travaux préparatoires.
« On peut sortir la VAR »
Face à la levée de boucliers du gouvernement, le ton est monté d’un cran dans l’hémicycle. Pour couper court aux polémiques sur la véracité des propos tenus en commission, la présidence de séance a brandi l’arme des enregistrements audiovisuels officiels, invitant l’Exécutif à visionner les archives des travaux. « On peut sortir la VAR et montrer ici dans cette salle-là ce qui s’est passé en commission », a lancé le président de séance.
La passe d’armes s’est intensifiée sur le délicat dossier des fonds spéciaux. Contrairement à la lecture minimaliste faite par le gouvernement, le député a rappelé qu’un membre de l’opposition avait bel et bien interrogé la pertinence d’encadrer cette matière sensible à travers une loi organique. Il a vertement reproché aux ministres de s’être retranchés derrière une décision du Conseil constitutionnel pour éluder le débat de fond. « On ne peut pas dénaturer vos propos. Ne vous permettez pas de dénaturer les nôtres », a-t-il averti, illustrant la tension extrême qui entoure l’examen de cette LFR 2026.





