Après le report, Macky brise le silence : « Si les politiques ne sont pas capables de s’entendre sur l’essentiel, d’autres forces organisées le feront à leur place.»

Après le report, Macky brise le silence : « Si les politiques ne sont pas capables de s’entendre sur l’essentiel, d’autres forces organisées le feront à leur place.»

Depuis l’annonce du report de la Présidentielle, le Président Macky Sall s’est emmuré dans un mutisme total. Il a saisi l’opportunité que lui offrait un entretien accordé au média américain Associated Press (AP)pour affirmer avec force ses convictions. Il est revenu sur le processus électoral, le Dialogue National tout en alertant la classe politique de faire attention pour que le pouvoir ne tombe pas aux mains de l’armée. Retour sur ce discours.

«J’ invite les acteurs politiques à faire attention, parce que nous ne sommes pas seuls. Mon rôle en tant que président de la République, le temps qu’il me reste à la tête de l’Etat, c’est de toujours tendre la main et de dire aux acteurs politiques. Si les politiques ne sont pas capables de s’entendre sur l’essentiel, d’autres forces organisées le feront à leur place. Et ils perdront tous, le pays avec… » a déclaré le Président Macky Sall à l’Agence de presse AP à l’endroit de la classe politique. Une manière singulière pour lui de créer un déclic dans le subconscient des acteurs politiques. On se souvient qu’au mois de Juin 2023 au plus fort de la crise, l’opposition avait fait savoir qu’elle avait mis la pédale douce pour que l’armée ne prenne pas le pouvoir. En faisant allusion à l’armée dans son discours, le Président Macky Sall est-il dans la menace ou dans la stratégie? Et le chef de l’Etat d’embrayer : « il faut contester, dire ce que l’on veut, mais il ne faut pas dépasser les limites qui permettent au pays de maintenir sa trajectoire démocratique ». 

Des moments difficiles

« C’est ce qui est le plus important pour notre pays. Nous le savons tous, l’Afrique de l’Ouest vit des moments difficiles. Ce n’est pas au terme de mon mandat que je vais m’inventer une nouvelle carrière de dictateur ou de non démocrate. C’est un tableau qu’on peint mais qui ne correspond pas à mon profil ni à ma personnalité ni à la réalité », souligne le chef de l’exécutif. Sa conviction est que : « s’il n’y avait pas cette forte contestation en crescendo de ces candidats, nous aurions pu aller à l’élection dans la paix ». Et ajoute-t-il : « Le plus essentiel pour moi, c’est la stabilité du Sénégal et là-dessus, quel que soit le prix à payer, il faut le faire pour que le Sénégal continue dans sa trajectoire démocratique. Actuellement, c’est le Conseil Constitutionnel qui doit se prononcer. Il ne m’appartient pas de donner un avis quelconque au prix de la séparation des pouvoirs » indique Macky Sall. Le Conseil Constitutionnel devrait statuer dans une semaine pour savoir s’il est d’accord avec la conclusion du parlement. Cependant, Macky Sall n’a pas voulu dire s’il accepterait la décision de la cour ou si elle rejetait le report : « il est trop tôt pour moi de considérer cette perspective… Quand la décision sera prise, je pourrai dire ce que je ferai », a-t-il fait savoir. Par ailleurs, il a exhorté la communauté internationale à faire preuve de retenue et de compréhension en ces moments où le Sénégal traverse une période difficile. 

Amadeus

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