Arrestations et « détentions arbitraires » : « Plus d’un millier de personnes interpellées entre janvier et octobre » (Rapport 2023/ Amnesty)

Arrestations et « détentions arbitraires » : « Plus d’un millier de personnes interpellées entre janvier et octobre » (Rapport 2023/ Amnesty)

Le rapport annuel d’Amnesty International sur le Sénégal a été publié ce mercredi. Dans un contexte de préparation d’élection présidentielle, Amnesty International note plusieurs arrestations avec notamment des journalistes, des militants surtout en lien avec le parti Pastef.

Dans son rapport, l’organisation pour la cause des libertés évoque la répression des forces de défense et de sécurité lors de manifestations. Cette année encore, des enfants talibés ont été forcés à mendier, la discrimination exercée contre les femmes et les filles dans le cadre du mariage ont continué également, indique Amnesty International.

Plusieurs manifestations organisées par Yewwi Askan Wi, principale coalition de l’opposition, et par les organisations de la société civile F24 et FRAPP ont été interdites sous prétexte d’empêcher des troubles à l’ordre public. À la suite des manifestations organisées en juin en soutien à Ousmane Sonko après sa condamnation à deux ans d’emprisonnement pour « corruption de la jeunesse », l’accès à Internet au moyen des données mobiles a été restreint par les autorités et TikTok n’était accessible qu’en utilisant un réseau privé virtuel. Le signal de Walf TV, qui a couvert les manifestations, a été coupé sans préavis par le ministère de la Communication, des Télécommunications et de l’Économie numérique pendant le mois de juin. Des facteurs que l’organisation a aussi soulignés dans son rapport.

Entre janvier et octobre, plus d’un millier de personnes ont été arrêtées et placées en détention, principalement en raison de leur participation à des manifestations ou de leur lien présumé avec le Pastef. On peut citer par exemple Hannibal Djim, qui avait organisé des campagnes de collecte de fonds pour soutenir le Pastef, Falla, arrêtée en mai et placée en détention en raison de ses publications sur Facebook soutenant le Pastef, Aliou Sané, coordonnateur du mouvement Y’en a marre et vice-coordonnateur de la plateforme F24.

Aussi, des journalistes ont été arrêtés, placés en détention et condamnés à des peines d’emprisonnement à l’issue de procès engagés contre eux notamment pour diffamation ou diffusion de fausses nouvelles. Le 7 mars, le journaliste Pape Ndiaye a été arrêté et placé en détention. Il était notamment inculpé de « diffusion de fausses nouvelles » et d’« outrage à magistrat » pour avoir affirmé sur la chaîne Walf TV que 19 substituts du procureur s’étaient prononcés contre le renvoi d’Ousmane Sonko en jugement pour viol présumé. Pape Ndiaye a été libéré à titre provisoire le 21 juin. En mai, Sérigne Saliou Guèye, directeur de publication du quotidien Yoor-Yoor, a été arrêté après que son journal eut publié un article critiquant des magistrats à la suite d’une décision de justice rendue dans l’affaire du procès en diffamation contre Ousmane Sonko. Il a été inculpé de « publication d’écrits de nature à discréditer les actes ou décisions judiciaires, diffusion de fausses nouvelles de nature à discréditer les institutions publiques et usurpation de la fonction de journaliste ». Serigne Saliou Gueye a été remis en liberté provisoire le 21 juin. Le journaliste Pape Alé Niang a été arrêté le 29 juillet et inculpé d’« appel à insurrection et actes ou manœuvres de nature à compromettre la sécurité publique » après la diffusion d’une vidéo dans laquelle il évoquait la récente arrestation d’Ousmane Sonko. Il a été remis en liberté provisoire le 8 août après une grève de la faim.

Amadeus

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