PORTUGAL – Au sanctuaire marial de Fatima, au Portugal, les pèlerins sénégalais poursuivent leur démarche de foi et de dévotion. Hier, ils se sont recueillis lors d’une messe célébrée à la chapelle de la Mort de Jésus, présidée par Mgr Augustin Simmel Ndiaye, évêque de Saint-Louis, par ailleurs, président du Comité interdiocésain national des pèlerinages catholiques du Sénégal (Cinpec). Au cours de cette célébration eucharistique, il a invité les fidèles à suivre l’exemple de Joachim et Anne dans l’éducation de Marie. « Chaque famille espère recevoir de Dieu ce don précieux qu’a été Marie pour Anne et Joachim. Toutefois, ce don exige d’être éduqué. Marie a été formée afin de pouvoir dire ‘oui’ à Dieu, car la grâce ne remplace pas la nature », a-t-il rappelé. Avant d’ajouter : « Mes pensées s’orientent spontanément vers nos familles, ainsi que vers toutes celles qui nous sont confiées et espèrent le soutien de nos prières. Puisse la Vierge Marie recueillir ici, à Fatima, l’ensemble de ces supplications et de ces larmes pour les porter auprès de son Fils Jésus ». Mgr Ndiaye a également fait part de sa vive préoccupation face au sort des jeunes filles sénégalaises incarcérées pour infanticide. Dans son homélie, il a prié pour ces femmes dans la souffrance : « Ma pensée va vers celles qui désirent un enfant sans pouvoir en avoir, mais aussi vers ces femmes qui, acculées par des situations extrêmes et complexes, en viennent à mettre fin à la vie qu’elles portent ».Évoquant les débats récents dans la presse sénégalaise autour de la réforme de la loi sur les infanticides, le prélat s’est interrogé sur la responsabilité collective. : « On condamne des jeunes filles qui sont bien souvent victimes elles-mêmes. Qu’a fait la société pour les préserver de ce gouffre qui les conduit inexorablement en prison ? ». L’évêque de Saint-Louis a tenu à rappeler aux fidèles la réalité quotidienne des foyers en soulignant l’imperfection inhérente à chaque famille. Selon lui, toute vie familiale est faite de hauts et de bas. « N’est-ce pas le Pape François qui rappelait que la famille parfaite n’existe pas, mais qu’il existe des familles normales, c’est-à-dire composées de pécheurs ? Aujourd’hui, nous formons la famille de Dieu : nous accueillons la grâce que le Seigneur nous accorde.
Et cette grâce, à l’image de la Visitation, nous ne pouvons la garder pour nous seuls », a-t-il affirmé. Poursuivant son enseignement, le prélat s’est appuyé sur la figure mariale : « Lorsque Marie attendait Jésus, elle s’est levée et a parcouru des dizaines de kilomètres dans son état pour se rendre auprès de sa cousine Élisabeth ». A ses yeux, « une famille est ainsi une communauté qui attend, qui accueille, mais aussi qui éduque les enfants à répondre à leur vocation propre. La toute première vocation réside au sein de la famille, qui a pour mission d’accueillir et de former ses membres ».
Le Soleil






