C’est avec la « plus grande fermeté » que le magistrat Ibrahima Hamidou Dème a tenu à taper du poing sur la table pour dénoncer le comportement des autorités face aux derives verbales et identitaires observées ces derniers temps. L’ancien membre du Conseil supérieur de la magistrature a vivement fustigé « le deux poids, deux mesures de nos autorités administratives et judiciaires », accusées de faire preuve de passivité envers certains groupes.
Selon le juge Dème, les services de l’État « laissent prospérer les discours de haine et de xénophobie de prétendus nationalistes », alors même que de tels agissements constituent des infractions pénales caractérisées et réprimées par le Code pénal sénégalais. Ce qui indigne d’autant plus le juriste, c’est le contraste d’une justice à double vitesse qui choisit de « sanctionner ceux qui y réagissent » plutôt que de s’attaquer aux instigateurs de ces discours haineux.
« La loi doit s’appliquer à tous, sans complaisance »
Face à ce constat alarmant pour la cohésion sociale et la paix civile, Ibrahima Hamidou Dème réclame une réaction ferme de l’appareil judiciaire. « La haine et la xénophobie sont un fléau que nous devons combattre sans concession », a-t-il averti.
Pour enrayer cette dynamique dangereuse, le magistrat rappelle l’exigence sacrée d’égalité devant la justice, demandant expressément « que la loi s’applique à tous, sans complaisance, sans discrimination » afin d’éviter toute dérive communautaire ou politique.


