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LFR 2026 : Moundiaye Cissé redoute les dégâts d’un passage en force

Alors que l’Assemblée nationale examine ce mardi le projet de loi de finances rectificative (PLFR) 2026, rejeté à deux reprises en commission, le directeur exécutif de l’ONG 3D, Moundiaye Cissé, appelle à privilégier le dialogue parlementaire. Il estime que le recours à l’article 86 de la Constitution doit rester exceptionnel, en raison des risques institutionnels et financiers qu’une telle procédure pourrait entraîner pour le Sénégal.

Le bras de fer autour du projet de loi de finances rectificative 2026 entre dans une nouvelle phase. Ce mardi matin, les députés sont réunis en séance plénière à l’Assemblée nationale pour examiner un texte qui a déjà essuyé deux rejets successifs en commission.
Face à cette situation, le gouvernement dispose de mécanismes constitutionnels pour faire adopter le projet, notamment le recours à l’article 86 de la Constitution.

Mais pour Moundiaye Cissé, directeur exécutif de l’ONG 3D, cette option ne devrait être envisagée qu’en dernier recours. Il rappelle que la voie normale reste l’adoption du texte par les députés, afin de préserver le débat démocratique et la légitimité parlementaire.
« L’idéal serait que l’Assemblée nationale vote la loi de finances parce que c’est la voie normale, celle qui garantit le débat démocratique, la légitimité parlementaire et surtout la crédibilité de nos engagements financiers », souligne-t-il.

Au-delà du bras de fer politique entre les deux institutions, Moundiaye Cissé attire l’attention sur les conséquences économiques et financières d’un éventuel blocage. Il évoque notamment les relations avec les partenaires techniques et financiers du Sénégal, particulièrement le Fonds monétaire international (FMI).

Selon lui, une crise institutionnelle prolongée ou le recours à une procédure budgétaire exceptionnelle pourrait fragiliser la confiance de ces partenaires et compliquer, voire retarder, certains décaissements financiers.

Le responsable de l’ONG 3D rappelle également que l’article 86 permet au gouvernement, après délibération en Conseil des ministres, d’engager sa responsabilité sur le vote du texte. L’Assemblée nationale dispose alors de 24 heures pour déposer une motion de censure, susceptible de faire tomber le gouvernement.

Face à ces enjeux, il lance un appel à la responsabilité des acteurs politiques, particulièrement dans le contexte des divergences entre l’Exécutif et la majorité parlementaire.

« Le Sénégal ne peut pas se permettre de payer le prix des divergences entre deux acteurs auxquels les Sénégalais ont confié ensemble les destinées du pays », avertit-il sur Sud FM.

Pour Moundiaye Cissé, l’urgence est désormais de dépasser les querelles politiques et les rivalités de leadership pour trouver un compromis autour de la loi de finances rectificative.

« Il faudrait qu’ils se retrouvent autour d’une table pour faire preuve de dépassement », plaide-t-il, estimant que le pays doit se recentrer sur ses véritables priorités.
SENEGO

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