Macky Sall : envoyé spécial de Macron et chef de parti au Sénégal: Une double casquette contre versée…

Macky Sall : envoyé spécial de Macron et chef de parti au Sénégal: Une double casquette contre versée…

En outre, la question des avantages financiers accordés à Macky Sall en tant qu’ancien Chef de l’Etat se pose. En continuant de percevoir des émoluments du trésor public sénégalais tout en exerçant une fonction internationale, Macky Sall semble bénéficier d’un traitement de faveur injustifié car disposant certainement d’avantages liés à sa fonction d’Envoyé spécial.

La situation actuelle risque aussi de compromettre le paysage politique par une redéfinition des rôles des acteurs et interlocuteurs entre le pouvoir et l’opposition. En effet, la constitution sénégalaise prévoit que le candidat arrivé second à la présidentielle soit investi du rôle de Chef de l’opposition. La persistance de Macky Sall à vouloir diriger l’APR et le Benno depuis l’étranger crée une confusion et une incertitude quant à la légitimité du candidat de sa coalition arrivé deuxième à la présidentielle. Cette situation pourrait affaiblir l’APR et la coalition Benno qui risque de se fissurer à l’approche d’une échéance probable en 2025.

D’ailleurs, au sein de l’APR, la situation est également source de tensions. Un haut responsable du parti, sous couvert d’anonymat, critique  l’attitude de Macky Sall. Il estime que Macky Sall se trompe s’il pense pouvoir diriger le parti depuis Paris ou Marrakech après avoir, selon lui, saboté la candidature d’Amadou Ba. Pour ce responsable, si Macky Sall souhaite vraiment s’impliquer dans les affaires du parti, il doit revenir au Sénégal, convoquer les instances du parti et se soumettre à un congrès.

Sous le même registre, les anciens présidents sénégalais Léopold Sédar Senghor et Abdou Diouf avaient adopté une attitude exemplaire après leur mandat en s’abstenant de toute ingérence dans la vie politique du pays. Leur retrait volontaire de la scène politique a permis au Parti Socialiste de résister et de participer depuis plus de 60 ans à la dynamique démocratique du Sénégal. Abdoulaye Wade, quant à lui, avait choisi de rester en opposition active, sans pour autant occuper un poste international qui aurait pu compromettre son impartialité, allant jusqu’à diriger la liste de son parti aux législatives de 2017.

Un précédent dangereux

La passivité du régime actuel face aux comportements de Macky Sall doit être également dénoncée. En laissant Macky Sall cumuler ses fonctions et continuer à percevoir des avantages de l’État, le gouvernement en place semble tolérer une situation potentiellement préjudiciable à la stabilité et à la clarté du paysage politique. Les nouvelles autorités doivent faire preuve de fermeté pour éviter que cette situation ne devienne un obstacle majeur à la stabilité politique du pays.

Le maintien de Macky Sall sur la scène politique, bien qu’à distance, crée un précédent dangereux et pourrait constituer un moyen de peser sur les relations bilatérales. Sa double casquette d’envoyé spécial et de président de l’APR est incompatible et potentiellement nuisible pour les tenants du pouvoir. Les nouvelles autorités et les membres de son parti doivent prendre leurs responsabilités pour éviter que cette situation ne devienne un obstacle majeur à la stabilité politique du pays, un pays qui n’est pas à l’abri de convoitise.

Amadeus

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